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XVIIIème siècle. Pendant près de 3 ans, une bête va terroriser toute une région. Cette bête va tuer près de 120 personnes, en mutiler des centaines, et laisser sa marque partout dans l'actuelle Lozère. Une force inimaginable, une ruse extrème, un acharnement terrifiant. Une Bête, un homme, un monstre? C'est la Bête du Gévaudan.

La Bête du Gévaudan

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Le Gévaudan

Premières attaques, début de la terreure.

Insaisissable... et terrifiante.

La Bête : caractéristiques et victimes.

La fin de la Bête : suppositions.

Le Gévaudan

La Bête a existé dans le Gévaudan (si, si...), région qui correspond actuellement à la Lozère, et quelques parties de la Haute-Loire et du Cantal. Le domaine du Gévaudan équivaut à environ 6500 km².

Localisation de la Lozère

Entre 1764 et 1767, d'étranges attaques sanglantes vont terrifier cette région. Alors autant commencer dès maintenant...


Premières attaques, début de la terreure.

Début juin 1764. Première attaque. Une femme, près de Langogne, sauvée par ses boeufs qui mettent la bête en fuite. On parla d'abord d'un loup...
Le 3 juillet, pourtant, à St-Etienne-de-Lugdarès, une jeune fille de 14 ans est dévorée, c'est la première d'une très longue liste...
Il y aura de très nombreuses attaques : femme déchirée le 8 août, puis après 3 garçons de 15 ans, une fillette, un berger... Tous seront tellement mutilés qu'ils seront à peine reconnaissables!
Les attaques continuent de plus belle : ainsi en septembre on relève trois disparitions, deux femmes et un homme. Des morceaux de leurs corps et de leurs vêtements seront retrouvés dans les bois... Un véritable massacre.

Illustration de la Bête (1)

Et rien ne semble arrêter la bête... Après avoir dévoré et déchiqueté une jeune femme le 19 octobre, le capitaine Duhamel, un aide-major des dragons de Langogne (là où la première attaque a eut lieu), aidé de forts paysans, donne la chasse à la Bête. Des loups furent tués, néanmoins les attaques continuèrent. Mais, un soir d'octobre, Jean-Pierre Pourcher, paysan à Julianges, travaillait dans sa grange, quand il aperçut une ombre passer devant la fenêtre. Pris par l'angoisse, il saisit son fusil et se mets devant la lucarne de son écurie, où il a une bonne vue sur la rue du village, qui débouche sur une fontaine. Et là, devant la fontaine, un animal monstrueux et inconnu est dressé. C'est certain, c'est la Bête... Tremblant, il vise, et tire. Deux fois, la bête tombe, se relève, et finalement prend la fuite...


Insaisissable... et terrifiante.

La bête est terrifiante, elle paraît invincible : deux balles n'ont pas suffit à la tuer... Et encore! Près de 1300 personnes faisaient des battues journalières... Un jour, après plus de 3 jours de marche, une bande qui chassait, comme tous, la Bête, l'aperçoivent derrière le mur : elle guette un berger... Mais elle aperçoit ses poursuivants et va rapidement se cacher dans un petit bois voisin. On pense que cette fois, c'est la bonne ; ils attaquent le bosquet de tous les côtés. La Bête est là. On lui tire dessus, à quelques mètres seulement. Elle tombe, puis se relève, et essaye de prendre la fuite. Seconde balle, elle se relève toujours et sort du petit bois. A chaque balle, elle réussira à se relever. Elle fait un petit tour dans la plaine et revient dans le bosquet. On ne la retrouvera pas. La croyant morte, on décide d'y retourner le lendemain, puisque la nuit vient stopper les recherches. Le matin suivant, près de 200 hommes armés cherchaient une dépouille. Sans relâche. Mais deux femmes s'étant risquées dans les champs, à l'annonce de la bonne nouvelle, l'avaient vu passer. Elle boitait, mais elle était loin d'être morte...

Illustration de la Bête (2)

Désespérant... Sur les 10.000 chasseurs qui s'étaient en chasse de la Bête à la fin octobre, tous sans exception disaient toute tentative inutile.
Le roi s'en mêle! Louis X, par l'intermédiaire de son ministre, donne l'ordre de donner la chasse. Ainsi, les tireurs les plus réputés furent mis au courant du plan de campagne, notamment de 8 battues... De belles récompenses à qui tuerait la bête étaient promises. Du 20 au 27 novembre, les 8 battues sont faites. Aucun résultat. Durant l'expédition, la Bête avait été vers Ste-Colombe, tuant 10 personnes...
6 janvier 1765. Une mère de famille a été enlevée par la bête. C'est officiellement la 60ème personne tuée. Sans oublier les nombreux blessés, souvent gravement.

Le 12 janvier, un évènement va changer la donne. Un berger du village de Chanaleilles âgé de douze ans, et nommé André Portefaix, gardait des bestiaux dans la montagne. Il était accompagné de quatre camarades et de deux fillettes plus jeunes que lui : par crainte de la Bête, ces enfants s’étaient armés de bâtons, à l’extrémité desquels ils avaient fiché des lames de couteaux. L’une des petites, soudain, poussa un cri : la Bête venait de surgir d’un buisson à quelques pas d’elle. André Portefaix groupe tout son monde : les plus forts en avant, protégeant le reste de la troupe ; le monstre tourne autour d’eux, la gueule écumante. Les braves petits, serrés l’un contre l’autre, font le Signe de Croix et cherchent à se défendre à coups de leurs épieux : mais la Bête, s’élançant, saisit l’un des enfants à la gorge et l’emporte : c’est le petit Panafieux, qui a huit ans. Portefaix, héroïquement, se lance à la poursuite du fauve, le larde de coups de couteau, le force à lâcher sa proie ; Joseph Panafieux en est quitte pour une joue arrachée que la Bête, en trois coups de dents, mange sur place. Mise en goût, elle attaque une seconde fois le groupe terrifié, renverse l’une des fillettes d’un coup de son horrible museau, mord un des garçons à la lèvre – il s’appelait Jean Veyrier – le saisit par le bras et l’entraîne. Un autre, qui a trop peur, crie qu’il faut sacrifier celui-là et profiter, pour s’enfuir, du temps que la Bête mettra à le manger. Mais Portefaix déclare qu’ils sauveront leur camarade ou qu’ils périront tous. Ils le suivent, même Panafieux qui n’a plus qu’une joue et que le sang aveugle; tous, hardiment, piquent la Bête, cherchent à lui crever les yeux ou à lui couper la langue; ils l’acculent dans un bourbier, où, s’enlisant, elle lâche l’enfant qu’elle tient. Portefaix se jette entre elle et lui, cogne à grands coups de bâton sur le groin du monstre qui recule, se secoue et s’enfuit. Le procès-verbal authentique de cet exploit fut envoyé à Mgr l’évêque de Mende qui l’adressa au roi. Celui-ci décida que chacun des sept petits paysans de Chanaleilles toucherait trois cents livres sur sa cassette et que le jeune Portefaix serait élevé aux frais de l’État.

Statue représentant la Bête et une jeune femme

Ce nouveau fait va faire beaucoup de bruit, et ainsi mettre au courant tout le pays de l'existence de la Bête. Ainsi beaucoup de chasseurs furent dêpéchés, attirés par les 9400 livres à celui qui tuerait l'animal. Un vieux et expérimenté chasseur, nommé Denneval, dont la réputation de louvetier n'était plus à faire - on disait qu'il avait déjà tué plus de 1200 loups! - fut lui aussi attiré. Après s'être déplacé à Versailles pour demander au roi sa permission, il arriva dans le Gévaudan. A l'annonce de cet homme providentiel, les paysans avaient repris espoir.
Mais Denneval ne voulait pas de rival... Ainsi, après beaucoup de querelles entre lui et Duhamel - pendant lesquelles la Bête continue son festin... - Duhamel quitte le Gévaudan, déçu et étant certain que le maître louvetier n'arriverait pas à tuer l'étrange monstre qui rôdait depuis des mois dans ces contrées.
Une fois seul, Denneval prit tout son temps pour se préparer, avec des préparatifs précis, des études de la bête, et surtout un calme froid qui commençait à énerver les paysans, impatients de le voir à l'oeuvre, et surtout de voir la Bête morte.
Enfin, il commenca sa chasse. Pendant 3 mois, et avec près de 10.000 hommes, il ne toucha pas la Bête une seule fois... Il essaye des pièges, des stratagèmes : en vain, la Bête était intelligente.
La Bête, elle, avait la belle vie. Elle se montrait chaque jour et tuait plus férocement encore. Elle décapitait, arrachait les organes, buvait tout le sang... De cette façon, le 18 avril, elle tue un vacher de 12 ans, dévore ses joues, ses yeux, ses cuisses, disloque ses genoux, et le saigne. Elle égorga également deux filles, avant de leur arracher le coeur...

Le roi en eut assez, agacé des moqueries des pays voisins ou de sa propre cour, il envoya son premier porte-arquebuse, Antoine de Beauterne, dans le Gévaudan. Ce porte-arquebuse qui dit avoir tué la Bête, quand il ramena un énorme loup de cent trente livres (près de 60 kg). Les enfants attaqués, interrogés brutalement par De Beauterne, dire reconnaître la Bête. L'animal fut empaillé et envoyé à Fontainebleau. Le roi crut alors en la simplicité des paysans qui avaient transformé un simple loup en abominable monstre.

Un 'simple' loup.

Mais on y croit guère, dans le Gévaudan, et on a raison : la Bête est toujours là... plus présente que jamais, elle continue de tuer! Et le roi refuse d'aider à nouveau... Il dit que l'affaire est terminée. Du moins, il l'espère...


La Bête : caractéristiques et victimes.

Caractéristiques
La Bête serait bien plus grosse qu'un loup, bien plus vorace et terrible : elle tue, déchire, dévoré, saigne, décapite, scalpe...
On ne peut avancer ces caractéristiques de façon sûre. Tout ce que dont l'on peut être sûr, c'est que cette bête n'est pas un loup, ni un animal connu. Un humain alors? Peut-être. Nous verrons cela par la suite.

Illustration de la Bête (3)

La Bête est également très intelligente : elle évite les pièges, reconnaît l'odeur du poison... Elle est également très souvent aperçue près d'une maison, les deux pattes avant posées sur bord de la fenêtre, pour voir qui s'y trouve à l'intérieur.
Elle est très difficilement traquable car elle se déplace très rapidement, et c'est impressionant : en une journée, elle peut se retrouver à sept ou huit lieues (soit 34 à 39km) de sa première apparition (par exemple une attaque le matin, et une en fin d'après-midi à 40 km de là !). Son itinéraire n'est pas régulier. Elle va de village en village à l'affut d'une nouvelle proie...
La Bête est tout simplement monstrueuse, de par sa puissance, son intelligence, son habileté, sa vitesse, et son calme. A aucun moment elle n'a fait une erreur, elle a toujours été calme - ou du moins elle en donnait une forte impression - quand elle était farouchement traquée. En savoir plus sur les caractéristiques de la Bête

Victimes Près de 113 personnes tuées... en 3 ans. Tout simplement hallucinant. La Bête tue une fois sur deux attaques, en moyenne.
Des centaines de blessés! De plus, il faut savoir que toutes les attaques n'ont pu être "officialisées". Il existe sans aucun doute des attaques, des morts, des blessés dus à la Bête et qui ne sont pas dans notre liste.
Pour avoir une liste intégrale (du moins officielle, cf juste au-dessus), cliquez ici.


La fin de la Bête : suppositions.

La Bête tuait encore.
Ce 19 juin 1767, une énième battue fut organisée, un brave et honnête homme connu de beaucoup dans le Gévaudan pour sa bonne conduite, y participait : Jean Chastel. Il était plutôt fort, du haut de ses 60 ans. Très pieux également.
Il était posté près de Saugues, et lisait ses litanies pieuses quand il vit la Bête, qui venait à lui. Calmement, il ferme son livre, le met dans une poche, enlève ses lunettes pour les mettre dans l'étui, et à aucun moment, la Bête ne bouge. Même lorsque Chastel la vise, puis tire, à quelques mètres à peine. La Bête tombe. Elle est morte.

Statue de Jean Chastel

Est-ce vraiment la Bête? Oui, on peut répondre avec certitude, car d'une part, cet animal est inconnu : énorme gueule, oreilles et pattes robustes et très spécifiques à l'animal... D'autre part, et c'est surtout cela qui nous permet d'affirmer que c'est la bête : en l'ouvrant, on a trouvé, dans ses entrailles, l'os de l'épaule d'une jeune fille. Or, l'avant-veille, une jeune fille avait été dévorée non loin de là... De plus, dès que cette "bête" a été abattue, les attaques se sont définitivement arrêtées.
Jean Chastel amena la dépouille de la Bête devant le roi, qui devant l'état de putréfaction de l'animal, ne le crut pas. Il revînt dans le Gévaudan sans un seul sou...

Les suppositions... Je n'appronfondirai guère ici, tout simplement parce nous n'avons aucun certitude. Voici donc quelques hypothèses vraisemblables :
¤ Un animal inconnu et aujourd'hui disparu.
¤ Un animal commandé par Jean Chastel?
¤ Un animal hybride, mi-loup mi-chien?
¤ Etc.

Photo du film Le Pacte des Loups
Film : "Le pacte des loups", consacré à l'histoire de la Bête du Gévaudan

Je pourrais ainsi tout dévelloper, argumenter, et décrire, mais je n'en vois pas l'intêret. La Bête, aujourd'hui, n'existe plus. Elle était unique, terrifiante, anthropophage et rusée. Et ce n'était pas qu'une bête, c'était sûrement bien plus. Le mystère restera à jamais gravé comme un mystère sanglant, horrible, inexplicable...

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